Network of the future

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Réussir la virtualisation des réseaux: une évolution du modèle opérationnel et des processus est indispensable

La virtualisation des réseaux est devenu le sujet qui agite le monde des opérateurs depuis déjà quelques années. Elle promet une programmabilité et une flexibilité de leurs réseaux inégalées. Elle devrait apporter une réponse au souhait des clients, notamment entreprises, de bénéficier d’un véritable « réseau à la demande »,  ajustable en temps réel et facturé à l’usage. Mais la solution technique seule ne suffit pas à rendre la promesse réelle, une adaptation des processus interne de l’opérateur est indispensable.

 

Pour les clients, la virtualisation doit apporter réactivité et adaptabilité dans les services

C’est la maturité des nouvelles technologies, Software-defined Network (SDN) et Network Functions Virtualization (NFV), qui rend désormais envisageable la virtualisation des réseaux, et avec elle, le « réseau à la demande ». Dans le domaine informatique, la virtualisation – des serveurs, du stockage, etc. – a généré flexibilité et économies. Une entreprise peut ainsi allouer des ressources inutilisées à une autre application, de façon temporaire ou définitive.

En se libérant des contraintes inhérentes à l’infrastructure physique, les opérateurs télécoms peuvent désormais envisager de mettre en œuvre des services réseaux  à la demande : allouer plus ou moins de bande passante à un site ou une application en temps réel, ou encore permettre à un client entreprise de créer de façon quasi-instantanée un nouveau réseau privé virtuel (VPN) sur un site particulier avec un niveau de sécurité donné.

 

Cependant, pour proposer un réseau parfaitement « à la demande », il faut être en mesure d’automatiser le processus commande-facturation de bout en bout, avec

  • La prise de commande en ligne,
  • l’activation rapide des services
  • la facturation automatisée, si possible à l’usage.

 

Le système d’information n’est pas nativement adapté à la virtualisation

Une solution SDN (Controleur+orchestrateur) va au-delà de la simple automatisation de la configuration du service. Pour rendre la promesse réelle, elle doit être parfaitement intégrée à l’OSS et au BSS. Pour accélérer le cycle de service depuis la commande jusqu’à la facturation, tous les éléments suivants doivent être intégrés, digitalisés et automatisés :

  • la prise de commande,
  • la quotation,
  • la mise à jour du CRM,
  • le provisionnement,
  • la facturation,
  • le service assurance,
  • l’outil de gestion des changements.

Si un seul élément de la chaîne reste isolé ou requiert une intervention manuelle, la promesse initiale sera menacée par:

  • des délais dans la livraison ou la gestion du changement
  • un risque d’erreur accru

 

Il est donc indispensable de repenser tout le  parcours client pour qu’il soit digitalisé de bout en bout. S’il n’existe pas encore de portail de commande en ligne, l’opérateur devrait intégrer ce développement comme un socle indispensable à son projet.

Quant aux autres éléments du SI composant cette chaîne de commande-facturation, ils ne sont pas nécessairement prêts à supporter cette digitalisation. Tout opérateur devrait donc vérifier cette capacité avant de se lancer dans un projet de SDN/NFV.

 

Les API doivent résoudre les problèmes d’interopérabilité entre fournisseurs de service

Dans un service agile et automatisé de bout en bout, il faut évidemment que les processus incluent les interconnexions avec d’autres fournisseurs de services, nationaux ou internationaux.

Accélérer ces interconnexions entre opérateurs est indispensable au développement de véritables services à la demande interopérables et disponibles sur des réseaux toujours plus automatisés et interconnectés. De ce fait, l’utilisation d’APIs standardisés couvrant toute la chaine de commande-facturation est devenue primordiale. De multiples APIs pour les services Ethernet sont actuellement en cours de standardisation via un consortium dirigé par le MEF avec le support du TM Forum.

 

Les rôles et processus impliquant les employés doivent aussi être repensés

La digitalisation et l’automatisation du parcours impliquent également une réflexion sur les rôles et les processus existants. Lorsqu’on arrive à mettre en œuvre les concepts de « zero-touch operation » et « self-restoration » promis par la virtualisation, on modifie, voire on fait disparaitre, un certain nombre de processus impliquant initialement des employés.

Prenons le cas d’une étude de faisabilité lorsque l’automatisation est complète : celle-ci pourrait perdre de l’importance puisque que les règles d’ingénierie sont implémentées automatiquement au niveau du contrôleur SDN.

Toutes les phases de la chaine de vente-livraison sont également touchées: que devient le rôle de vendeur si toutes les commandes se font en ligne ? Quelles actions sur le terrain restent nécessaires ?

 

Pour une transformation harmonieuse, acceptée, humaine et bénéfique à tous, il faudra repenser en amont les rôles qui seront impactés. D’opérationnels, certains rôles deviendront plus stratégiques. Initialement dédié à l’implémentation, certains postes nécessiteront plus une approche de coordination et vérification. Il est donc indispensable de bien intégrer l’impact humain et la conduite du changement dans un projet de virtualisation.

 

 

 

Ainsi, la promesse de flexibilité et d’agilité de la virtualisation des réseaux repose bien évidemment sur un socle technique indispensable. Mais il faut garder à l’esprit que toute la chaine de commande-facturation, ses processus,  et les outils du système d’information correspondant sont également impactés. Ils doivent être analysés, adaptés et parfois repensés en profondeur pour être aussi automatisés et agiles que le réseau lui-même.

 

 

 

Glossaire :

SDN (Software-Defined Network): ensemble de technologies visant à permettre un contrôle centralisé des ressources réseau, une meilleure programmabilité et une orchestration de ces ressources, ainsi que la virtualisation de ces ressources en les dissociant des éléments physiques du réseau. Les SDN ont pour but pratique de rendre programmables les réseaux par le biais d’un contrôleur centralisé. Avec les SDN, on établit une séparation claire entre le plan de contrôle et le plan de données. Le plan de contrôle est placé dans un contrôleur centralisé qui a une visibilité sur l’ensemble du réseau.

 

Le principe des NFV (Network Function Virtualization) est de remplacer un certain nombre d’équipements réseaux par des fonctions logicielles embarquées dans des serveurs. Ces fonctions peuvent ainsi s’exécuter sur divers serveurs génériques et être instanciées en divers points du réseau sans qu’il soit nécessaire d’installer de nouveaux équipements.  

Par Mohammad DIAB le 20/07/2018

Network & Services Senior Project Manager

Article posté par :

Mohammad DIAB

Network & Services Senior Project Manager

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